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coucou, si cela t'intéresse, j'ai mis la suite de mes histoires en ligne. j'atte nds tes avis, à bientôt.http
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je te redis merci encore, j'espère que la suite te plaira d'avantage!htt p://don-au-per il-de-ma-vie.c enterbl
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alors oui c'est un peu long, car moi qui suis une grande lectrice je n'aime pas les descriptions super longue
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merci bcp alisee je suis contente de susciter l'envie d'en lire plus.http://do n-au-peril-de- ma-vie.centerb l
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un chapitre très réaliste, concernant le milieu familiale. la fin est intriguante, mystèrieuse. je vais pour
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Date de création : 07.01.2012
Dernière mise à jour : 12.02.2013
21 articles


Chapitre 13: Des débuts prometteurs.

Publié le 22/10/2012 à 18:20 par don-au-peril-de-ma-vie

La sonnerie de la porte d’entrée me tira de ma sieste, je m’étais assoupie sur mon canapé en regardant la télé. Me demandant qui cela pouvait bien être, je me levais pour ouvrir. Etonnée, je découvris Emma, toute souriante, avec visiblement une pêche d’enfer. Elle me déposa une rapide bise sur la joue et s’engouffra dans la maison. Perplexe, je fermai la porte et la rejoignit au salon.

« Emma ? Mais que fais-tu ici… ? Pourquoi tu ne m’as pas dit hier soir que tu viendrais ?

- Pour te faire la surprise ma chère, et puis ce n’était pas sûr que je vienne. Il fallait d’abord que je me renseigne.

- Que tu te renseignes ? De quoi tu parles ?

- De t’aider ma belle !

- Heu, c’est gentil, mais à quoi faire ? Oh, si tu veux faire mon ménage il n’y a pas de souci hein !

- Mais non andouille, je parle de ton don. Hier, dans la chambre de ton père j’ai réussi à convaincre un ami qui n’habite pas loin du centre ville. Il m’a trouvé un local à louer pour toi.

- Un local ? Mais pour quoi faire… ?

- Hé, mais tu te réveilles Nikki ? Pour recevoir tes patients bien sûr. J’ai bien vu que ton don te touchait beaucoup, et après notre discussion hier, je me suis dit que ça pouvait t’aider. C’est un local un peu en retrait, où tu pourras t’installer un petit bureau, un lit d’une place, et une sorte d’infirmerie. C’est exactement ce qu’il te faut. Peter mon ami, connaît le propriétaire, il va s’arranger pour le prix.

- Mais Emma, je n’ai pas les moyens de payer la location !

- Ne t’inquiète pas pour ça, je m’en charge. J’ai plein d’argent et je n’en ai aucune utilité. Alors autant qu’il te serve. »

Je réfléchissais, tandis que ses propos s’infiltraient en moi. L’idée était bonne, très bonne je l’avouais. D’autant qu’ayant déposé l’annonce hier, je me voyais mal recevoir les gens chez moi. Question anonymat, j’allais vite être repérée. En revanche l’idée qu’Emma prenne en charge le coût financier, me dérangeait beaucoup. Je ne voulais pas lui être redevable, ni l’embarquer dans mes problèmes.

« - Ecoute, je ne peux pas te laisser payer, ce n’est pas normal.

- Nikki, je vais te le dire une dernière fois, alors ouvre grand tes oreilles. Ce n’est pas une faveur que je te fais, ni même un service que tu devras me rendre plus tard. Je veux t’aider dans ton projet, m’y investir à ma manière. Et comme je n’ai pas de super pouvoirs comme toi, je n’ai que ma bourse pour te venir en aide. Tu ne pourras pas y arriver seule, reconnais-le ! Et puis j’en discutais hier avec Peter, et j’avoue être très excitée à l’idée de voir ce local, le retaper à notre sauce, et d’en faire ta maison de guérison!

Elle gloussa en voyant ma mine outrée. Je comprenais mieux son attitude de cachotière de ces dernières heures. Je relâchais les épaules, vaincue.

- Bon, ok, j’accepte, mais tout dépendra du prix. Je ne cèderais pas sur ce point ! »

Elle me tapa dans la main pour sceller notre accord. Nous passâmes le reste de l’après midi à peaufiner les détails et à jouer avec les petits. Je lui appris que j’avais déposé une annonce, ce qui la réjouissait au plus haut point. En fin d’après midi, son téléphone sonna, c’était Peter. Je me tendis suspendue à ses lèvres, dans l’attente du verdict. Après de longues minutes d’attente –Emma était une vraie pipelette- je vis son visage s’éclairer. Elle remercia son ami et raccrocha.

«  Alors ? Dis-je d’une voix plus rauque que je ne le voulais.

- C’est parfait, Peter s’est arrangé pour que le proprio soit au local demain matin à neuf heures. Un certain Mr Aceraz, il nous fera signer le bail et nous remettra les clefs. Et pour le prix, on ne pouvait pas rêver mieux ! Il semblerait que vu sa taille, il ne soit pas vraiment demandé, alors ça fait un moment qu’il n’a pas été loué. Du coup le gars est tellement content qu’on lui prenne, qu’il nous le loue pour cent cinquante euros par mois. Une bouchée de pain, quoi. Quand on sait que les prix tournent aux alentours de mille, mille-cinq-cent euros dans le secteur, c’est une perle ! »

Elle continua à s’extasier pendant encore de nombreuses minutes, jusqu’à ce que Kévin rentre de la caserne. Je ne l’avais pas revu depuis notre dispute. Il salua Emma, me fit un rapide baiser sur le coin des lèvres et fila à la douche. Emma lui proposa gentiment de venir lui frotter le dos, mais il refusa poliment en riant aux éclats. Je le suivais dans son rire, ma façon d’évacuer ma frustration de ce contact si froid avec mon mari. Emma m’aida à concocter le dîner, et nous passâmes dans l’ensemble une bonne soirée. La nuit venue, je la raccompagnais en ville à son hôtel. Je lui avais proposé de rester dormir à la maison, mais vu l’ambiance qui y régnait entre Kévin et moi, elle avait préféré nous laisser gérer ça entre nous. Une fois rentrée, je me déshabillais et me mis au lit sans un mot au côté de Kévin qui ne m’adressa pas une seule parole. Je m’endormis le cœur en berne en espérant que le temps nous aiderait. Je me trompais bien évidemment…

*****

Je retrouvais ma meilleure amie devant le local. Nous étions en avance d’une bonne quinzaine de minutes avant l’heure prévue. Emma était arrivée quelques secondes avant moi, venant de l’hôtel à quelques pas à peine de là. M’adossant contre la grille du bâtiment, je baillais lourdement. Je n’avais presque rien dormi, mon angoisse grandissant au fur et à mesure. Des cauchemars étaient venus me hanter toute la nuit, je me voyais entrer dans un manoir des horreurs digne de Stephen King. Il y avait des centaines de personnes, qui me fixaient tel un monstre de foire.

J’avançais malgré moi, parmi la foule, les mains devant moi, comme si je voulais toucher les gens avec mon don. Tous reculaient comme si je risquais de les brûler. Mes mains étaient luminescentes comme auréolés d’une lumière bleue. Mon corps se dirigeait vers une porte que ma raison me défendait de ne surtout pas franchir. Au moment où j’actionnais la poignée, je m’étais réveillée en sursaut. En sueur, j’avais mis cinq bonnes minutes à me dire que tout cela n’était qu’un mauvais rêve. Ces visions étranges m’avaient travaillé depuis mon réveil et ne m’avaient pas lâché jusqu’à notre départ. J’avais décidé de les laisser de côté, afin d’avoir les idées claires pour mon rendez-vous.

J’attendais donc Mr Aceraz, avec une Emma complètement survoltée. On se serait presque demandé pour qui était le local. J’avais changé mon annonce sur le net, enlevant mon numéro de téléphone, trop personnel du goût d’Emma, mis donc l’adresse de mon nouveau cabinet, et indiqué la date à partir de laquelle les gens pourraient s’y rendre. Nous avions fixé qu’il nous faudrait bien trois ou quatre bons jours pour remettre en état le logement. Ignorant totalement son aspect, j’espérais que cela suffirait, et qu’également nous n’aurions pas trop de travaux à faire.

Arrivant dix minutes plus tard, un jeune homme de notre âge se dirigea vers nous. La peau mate, un sourire franc et éclatant, il était bien bâti. Les épaules carrées, il était diablement sexy. Emma était comme hypnotisée devant lui, limite en train de baver. Même moi étant mariée, je restais bouche bée. Je secouai mon amie, afin qu’elle ne se ridiculise pas, et qu’elle ne ruine pas ses chances d’avoir enfin un homme dans sa vie, encore faudrait-il que cet étalon soit encore libre. Elle se reprit vivement, arrangea ses cheveux et son tailleur, fit ressortir ses jolis poumons, et lui lança son plus beau sourire. Très charmeur le sourire !

Mr Aceraz s’arrêta à notre hauteur, nous serra la main en commençant par moi, et garda celle d’Emma un peu plus longtemps qu’un simple bonjour préconiserait. Ils restèrent comme deux imbéciles à se regarder béatement, comme si plus rien autour d’eux n’existait. Je toussais légèrement histoire de les ramener sur notre planète. Ils se lâchèrent, s’empourprant dans leur embarras. Mr Aceraz sortit les clefs de sa poche, et ouvrit la grille située devant la façade, puis la porte vitrée. Nous pénétrâmes à sa suite dans la pénombre de la première pièce. Il alluma les lumières au fur et à mesure, et nous pûmes distinguer où nous mettions les pieds. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’effectivement il n’avait pas été loué depuis longtemps. Il y avait une couche de poussière datant de plusieurs mois, voire plusieurs années. Des araignées avaient élus domicile à tous les coins de la pièce. Je restai sans voix quand je pensais au ménage qui nous attendait. Le proprio était visiblement gêné.

« - Je suis désolé, dit-il, j’aurais du faire le ménage, mais votre ami ne m’a prévenu qu’hier. Et comme ce local n’intéressait personne jusqu’à présent, je n’y fais pas le ménage souvent.

- Souvent ? Ironisa Emma. C’est le mot oui ! Vous en faîtes pas, on est des fées du logis. On va retrousser nos manches et tout va briller en un rien de temps.

- Oh, je veux vous aider, dès que vous le souhaitez, je vous apporte tout ce dont il vous faut ! Balais, sacs poubelle, produits ménagers, etc. J’ai fait remettre l’eau hier et je vois que l’électricité à l’air de fonctionner.

- Ben dîtes donc, fit Emma avec son tact légendaire, vous voulez vraiment qu’on le loue votre local !

Il se dandina mal à l’aise.

- Emma ! La réprimandais-je, cesse de l’embêter. Il doit avoir ses raisons pour ne pas l’avoir loué, et cela ne nous regarde pas. Le principal c’est qu’il soit fonctionnel, alors laisse le tranquille.

- Ce n’est rien, votre amie a raison, je suis très heureux que vous les preniez. J’ai hérité de ce local il y a cinq ans à la mort de mes parents, et je n’ai pas réussi à me résoudre à le vendre. C’est comme si c’était une part d’eux, et c’est la seule chose qu’il me reste. Donc je me suis dit que j’allais le mettre en location, mais de part sa taille, il n’est pas intéressant, et d’autre il est assez éloigné du centre ville donc pas très prolifique pour les commerces. J’avoue que je suis très étonné que deux jeunes femmes comme vous le louent. Vous comptez montez un commerce ?

- C’est juste Nikki qui loue, rectifia Emma. Moi je paye, une sorte de cadeau. Et ce n’est pas tout à fait un commerce.

- Oui, continuais-je de peur qu’elle n’en dise trop. Plutôt comme un service d’aide à la personne. Bien si on visitait le reste ?

- Oh oui, bien sûr, excusez moi. Si vous voulez bien me suivre.

- Rohh moi je te suis où tu veux beau gosse, murmura Emma. »

Je lui assénais un coup de coude dans les côtes, et j’espérais que Mr Aceraz n’avait rien entendu, mais il se retourna vers mon amie, et lui fit un clin d’œil éloquent. Ces deux là s’étaient bien trouvés à mon humble avis. Le local consistait en quatre pièces, la première par où nous étions rentrés était carré avec de bonnes mesures. J’y voyais très bien la salle d’attente. La seconde, collée à la première était bien plus petite et sans fenêtres. Vu sa taille et son emplacement, c’était l’idéal pour un bureau.

Un petit couloir bifurquait pour atteindre le reste, les sanitaires et une douche sommaire. Et une dernière salle aux dimensions plus que correctes. Une petite alcôve agrandissait encore cet espace où j’imaginais sans aucun problème ma salle de travail.

Satisfaite, je hochais la tête de bonheur. Certes, il y avait du boulot, il fallait déloger tous les insectes et autres rampants. Enlever la tonne de poussière qui recouvrait chaque centimètre, et peut-être même passé un bon coup de peinture, histoire de redonner un coup de peps à tous ces murs.

Une fois la visite terminée, je signais le baye pour une durée minimale de six mois. Mr Aceraz me fit grâce de la caution vu l’état du local. Je récupérais les clefs et me mit au travail. J’ouvrais les volets et les fenêtres afin d’aérer et d’éliminer l’odeur de renfermé qui emplissait mes narines. Emma et moi ayant pris tout le nécessaire pour le nettoyage, Mr Aceraz insista pour payer la peinture et partit avec entrain au magasin de bricolage le plus proche.

Il revint une vingtaine de minutes plus tard, avec des pots d’une jolie couleur pêche et ivoire. Il avait pensé à prendre des masques pour nous protéger des inhalations de la poussière, ce dont nous en fûmes reconnaissantes. Nous entamâmes donc notre grand nettoyage de printemps, à grand coup de balai, de désinfectant et compagnie. Bientôt le sol de marbre noir moucheté apparut et retrouva sa splendeur d’antan. Les ordures s’amoncelaient devant la porte à mesure que la saleté et autres détritus s’effaçaient. A l’heure du repas, toutes les pièces étaient propres. Emma partit chercher à manger et nous déjeunâmes sur la petite terrasse que nous avions découverte pendant notre ménage. C’était le proprio qui étant en train de lessiver les murs du bureau, s’était aperçu qu’il y avait une porte donnant sur un petit jardin très sympathique. La végétation avait certes repris ses droits, mais quelques coups de cisaille avait permis de dégager un morceau de terrasse. J’avais même déniché une table en pierre cachée sous des ronces. Notre pause terminée, nous nous mîmes à la peinture.

Finalement seules la salle d’attente et la salle qui servirait aux guérisons avaient besoin d’être rafraichies. J’attaquais donc la salle d’attente en couleur pêche, tandis qu’Emma et Mr Aceraz s’occupaient de la salle de travail. J’entendais ma camarade glousser comme une gamine aux blagues que lui racontait son coéquipier. Je souriais ravie pour ma meilleure amie. Peu importe ce dont l’avenir serait fait, grâce à la location de ce local, Emma avait peut-être trouvé quelqu’un. Pour un soir ou pour la vie, je n’en savais rien, mais je priais Dieu silencieusement pour que cela soit la deuxième option.

Le soir venu, le local était enfin fini, il ne nous resterait plus qu’à installer les meubles le lendemain. Je remerciai mes deux comparses et rentrai exténuée à la maison.

*****

La journée du lendemain fut tout aussi fatigante. Après avoir fait nos emplettes – Emma avait insisté pour tout payer – nous avions tout mis en place dans chaque pièce. J’avais disposé une dizaine de chaises dans la salle d’attente, installé un secrétaire sommaire dans la pièce sans fenêtres. Dans la salle de travail, une table toute simple en guise de bureau avec quelques chaises, et  plusieurs meubles par ci par là afin de ranger tout le nécessaire aux éventuels soins. Même si comme je le fis remarquer à mon amie, c’était moi, la trousse de secours. Dans l’alcôve trônait le lit tout neuf, où j’installerai mes patients.

Emma avait accroché une tringle afin de me permettre de cacher mon don si besoin. Nous avions recouvert toutes les portes vitrées, ainsi que les fenêtres de la première pièce, par un film opaque afin de ne pas attirer les regards indiscrets. Cela nous prit toute la matinée, et nous réservâmes l’après midi à faire du shopping pour me trouver des tenues très sombres, ainsi que le nécessaire pour me déguiser. Etant blonde, j’avais pris une perruque rousse afin d’être éloignée de ma couleur naturelle. Un foulard autour du cou et de grosses lunettes noires parfilait le tout.

Revenues au local, quelle ne fut pas notre surprise de découvrir Mr Aceraz dans le jardin en train de débroussailler. Tout avait complètement changé depuis la veille, on distinguait complètement le sol de la terrasse, et on pouvait aisément voir les murs qui délimitaient le terrain. Il avait fait un travail d’enfer, élaguant les arbres et arbustes qui pouvaient rester afin de créer un joli jardin et abattant tous les autres qui étaient en mauvaise santé ou destinés à mourir.

Je félicitais son travail, le remerciais abondamment et allais cacher soigneusement mes affaires qui serviraient dès le lendemain. Emma et moi aidâmes Mr Aceraz pour finir le jardin avant la nuit. Le soir venu, nous étions tous les trois éreintés mais satisfaits. Je rentrai chez moi, après avoir refermé le local et salué mes compagnons, et passais une nuit sans cauchemar pour une fois. Le jour J arriva enfin et à mon réveil une angoisse me coupa le souffle jusqu’à mon arrivée à mon cabinet. Ce stress disparut temporairement quand mon regard se posa sur la devanture.

Plus précisément à l’emplacement de l’enseigne. Inexistante encore la veille, une bannière en pvc flambant neuve, aux couleurs vives était accrochée par des rivets. Mauve avec une écriture rouge carmin, des petits anges tout autour, on pouvait lire l’inscription suivante :«La maison des miracles ».

Je restais sans voix, la bouche grande ouverte. Emma sortit en trombe du local, en robe légère, maquillée et coiffée comme pour un rendez vous galant. Ma bouche qui s’était refermée en la voyant ouvrir la porte, s’était décrochée à nouveau en la découvrant ainsi apprêtée.

« - Mais qu’avez-vous fait de ma meilleure amie ? M’exclamais-je.

- Elle est là, dans mon corps ! Dit Emma en éclatant de rire. Elle avait besoin d’un coup de pouce pour charmer ce bel Esteban…

- Esteban ? Répliquais-je interloquée. C’est qui Esteban ?

- Esteban Aceraz ma petite. Il est génial ! Franchement on se complète trop. Il est doux, attentionné, charmant et très gentleman.

- Heu, c’est en peignant avec lui que tu as découvert toutes ses qualités ?

Elle fuyait mon regard se trémoussant sur place.

- Allez vas-y, lui dis-je, crache le morceau. Que s’est-il passé entre vous ?

- Nous avons pris un ou deux verres hier soir. M’avoua-t-elle d’une petite voix comme si c’était un crime.

- Waw, ben c’est chouette. Je suis contente pour toi, tu sais. Si c’est un chic type, tu le mérites.

- Il l’est, je te l’assure ! Et je le lâcherais pas, crois moi.

- Oh ça, j’en suis persuadée. Je te connais suffisamment pour savoir que quand tu as jeté ton dévolu sur un mec, il est cuit !

- Et oui, que veux tu je suis une croqueuse d’hommes ! Bon passons, que penses tu de ta nouvelle enseigne ? Elle te plaît ?

- Diable que oui ! Mais Emma comment as-tu fait pour la faire ? Tu ne m’as pas quitté une seconde ! Et faudra que tu me dises combien je te dois. Et j’adore le nom ! « La maison des miracles », c’est pile poil ce qu’il fallait.

- Contente que ça te plaise, pour l’argent tu peux oublier, et on peut commander les banderoles par internet maintenant. C’est plus simple et plus rapide. Elle a été livrée ce matin. Et pour le nom, j’avais pensé à « la maison de guérison »,mais comme tu n’aimais pas ce terme, j’ai changé. D’ailleurs, tu ferais bien d’y aller toi aussi. Va enfiler ton costume, avant que tes patients ne te reconnaissent ! »

Je m’empressais de rentrer dans le local, et obéissais à Emma. Cinq minutes plus tard, j’étais fin prête. Restait plus qu’à attendre les éventuels patients. Nous n’eûmes qu’à patienter une petite heure, avant qu’une dame d’un certain âge ne fasse sonner le carillon de la porte qu’Emma avait installé. Je me levais de mon bureau, les genoux tremblants et la boule au ventre. J’ajustais ma perruque, ordonnais à mes genoux d’être stables et me dirigeais vers ma destinée…

*****

Madame Liliane Bertholi souffrait de varices, sur toute la longueur de ses mollets. Après lui avoir serré la main, je l’avais conduite dans la salle de transfert. Je lui avais posé quelques questions, histoire de nous détendre toutes les deux. Jusqu’au moment où elle me posa La Question. A laquelle je n’avais pas du tout pensé…

« Comment vous vous appelé, madame ?

- Bertholi, Liliane Bertholi.

- Bien, Mme Bertholi. Je sais que vous devez vous demander ce que je vais faire. Mais rassurez-vous, tout ira bien. Parlez-moi de vos soucis.

- Eh bien, j’ai des varices qui me bloquent la circulation du sang. C’est très douloureux, et extrêmement inconfortable.

- Oui, je vois. On va regarder ça. Alors moi je travaille par le toucher. Je vais passer mes mains sur vos varices, vous allez sûrement ressentir comme une petite chaleur, ne vous inquiétez pas, c’est tout à fait normal.

- Bien, docteur. Répondit Mme Bertholi.

- Je ne suis pas médecin, rectifiais-je, ne voulant pas passer pour ce que je n’étais pas. Voyez moi plutôt comme un magnétiseur.

- Oh je vois…

- Oui, la plupart des gens sont septiques, mais vous verrez, après cette séance vous n’aurez plus de doutes. De toute manière, c’est gratuit, vous n’avez donc rien à perdre ?

- Oui, vous avez raison, Madame...?? »

Et là ce fut comme un choc. J’allais lui dire mon vrai nom, mais une petite voix intérieure m’intima de ne pas le faire. Je réfléchissais à toute vitesse, histoire de trouver un pseudonyme convenable, quand Emma fit irruption dans la pièce et me sauva la mise.

«  Elle s’appelle Raphaëlle, mais elle est un peu timide quand il s’agit de parler d’elle.

- Oh très bien, fit ma patiente. Enchantée Raphaëlle. »

Soulagée, je m’attelais à la tâche. Je retirais les bas de contention de Mme Bertholi, repérai les nombreuses varices, frictionnais mes mains afin qu’elles soient moins moites, et appliquais mes deux paumes sur son mollet gauche. La réaction fut immédiate, une petite brûlure m’irradia la peau, puis je ressentis comme des picotements dans le bas de mes jambes. Je continuais ainsi sur toutes les varices sous les yeux éberluées de ma toute première patiente. Au bout d’une dizaine minutes, les deux membres étaient dépourvus de varices. Je l’aidais à remettre ses chaussures, puisque les bas de contention n’étaient plus nécessaires. Lui prêtant ma main pour descendre du lit plus facilement, elle me pressa les doigts très fort. Surprise, craignant qu’elle eu un souci, je levais les yeux vers son visage, m’attendant au pire. Ce que je vis me fit dresser les poils sur tout le corps.

Le visage de Mme Bertholi exprimait une gratitude sans égal. Ses yeux brillaient à la limite de verser des larmes. Nous n’avions pas besoin de parler. Tout dans son regard disait combien elle m’était reconnaissante, et que je ne souhaitais pas dire quoi que ce soit qui aurait pu créer une gêne entre nous. Je la raccompagnais à la sortie, et une fois à la porte elle fit mine de sortir son porte monnaie. Je refusai catégoriquement, et elle capitula en me remerciant une fois encore d’un signe de la tête. Légèrement bouleversée par cette entrevue, je retournais à mon bureau et consignais mon premier cas par écrit. J’en avais eu l’idée quelques jours auparavant, me disant que cela pourrait peut-être m’être utile dans le futur. Une façon de garder une trace de mes exploits.

La matinée passa sans que quiconque ne présente à nouveau. Néanmoins je ne désespérais pas, je ne m’attendais pas à ce que des millions de gens se pressent le premier jour. Ce coup ci à l’heure du déjeuner, c’est moi qui partis chercher nos casse-croûtes. J’en avais assez qu’Emma me prenne de vitesse et paye tout à ma place. Pendant que nous nous restaurions, je lui demandais d’où lui était venue l’idée du pseudonyme Raphaëlle. Elle m’expliqua qu’elle se passionnait depuis peu pour tout ce qui avait attrait aux anges, et que l’un d’eux un archange majeur, s’appelait Raphaël, et qu’il incarnait la « guérison de Dieu ». Je comprenais mieux pourquoi elle avait choisi ce prénom. Parfois je trouvais ma meilleure amie, plus que fantastique.

Une fois le repas terminé, nous nous installâmes sur la terrasse attendant mes potentiels clients. En milieu d’après midi, la sonnette tinta et je remettais hâtivement ma perruque et mes lunettes afin d’accueillir le ou les nouveaux venus. Arrivant dans la salle d’attente, je me présentai –en tant que Raphaëlle bien évidemment- à un jeune couple tenant dans leur bras un bébé d’environ un an. La jeune maman qui portait l’enfant, avait l’air épuisée et semblait avoir pleuré. Je les accompagnais dans la salle et leur demandait le problème du nourrisson. Ils semblèrent surpris que j’aie pu aisément deviner qu’il ne s’agissait pas d’eux, mais n’en fit pas de commentaire.

Ils m’apprirent que leur bébé souffrait de la bronchiolite, cette maladie qui s’attaque aux poumons des tout-petits. Il était étrange qu’il l’eu contracté en plein été mais je ne les questionnais guère plus. Je priais la mère de le déshabiller et m’approchais tout doucement de l’enfant. Depuis son arrivée, il était resté calme, mais on entendait sa respiration difficile. Je passais tout d’abord une main sur son front, afin de ne pas l’effrayer, puis d’une touche délicate je l’appliquais sur son torse. Quelques secondes s’écoulèrent avant que mes bronches ne s’obstruent. Je réprimais une toux qui aurait pu me trahir, et serrais les dents. Puis comme à son habitude mon don emporta la maladie comme si de rien était. Il ne resta plus que le silence.

L’enfant se mit à gazouiller comme n’importe quel enfant de son âge. Ses parents se ruèrent sur lui, et je me retirai pour les laisser profiter de leur joie. Tout en rhabillant le petit Bryan –ils n’arrêtaient pas de répéter son nom- ils me remercièrent copieusement me disant que j’étais un ange. J’éclatais de rire, leur disant qu’ils étaient loin de la vérité, mais qu’au moins mon étrange don avait soulagé Bryan. Le déposant dans les bras de son mari, la mère s’approcha de moi et me prit dans ses bras, ce dont je ne m’attendais pas du tout. Je lui rendis son étreinte maladroitement, puis ils partirent tous les trois tout souriant. Mes yeux piquaient à la limite des larmes que je ravalais. Je n’allais pas commencer à pleurer au moindre malade que je soignerais sinon mon quotient émotionnel risquait fort de grimper en masse !

Alors que je me dirigeais vers l’entrée du local, un autre couple entra avec un jeune garçon. A première vue l’homme ne semblait pas ravi d’être ici. La femme qui l’accompagnait s’avança vers moi, et me tendit une main parfaitement manucurée et baguée à tous les doigts. Elle était le stéréotype de la femme bourgeoise, avec tailleur de grand couturier, lunettes de grande marque et bijoux clinquants de partout. Malgré tout, une chaleur bienveillante s’échappait de ce corps menu. Relâchant sa main, nous nous dirigeâmes vers la pièce du fond.

Je les fis assoir et les questionnais sur leur venue.

« Dîtes moi quel est le problème, si je peux vous aider.

- Il y a peu de chance ! Rétorqua le mari d’un ton sec.

- Je vous demande pardon ?

- Vous n’êtes qu’une bonne femme qui vend des mensonges, comme tous ces charlatans qu’on voit partout ! Ma femme m’a entraîné ici, mais je ne cautionnerais pas vos infamies, croyez moi !

- Excusez mon mari, il est… moins ouvert que moi sur vos… capacités.

- Ce n’est pas grave, lui dis-je. C’est normal, chacun à son opinion sur la question et je le respecte tout à fait. Racontez moi donc ce qu’il vous arrive.

- Nous sommes venus pour notre fils, Marc. Depuis deux ans il étudie dans une grande école aux états unis. Il joue au foot dans une grande équipe, malheureusement il a du rentrer il y a deux mois car il s’est fracturé la rotule pendant un match. Il a été opéré par l’un des meilleurs chirurgiens du pays, mais son genou ne se rétablit pas bien. Il lui faudrait au moins plusieurs mois de repos ainsi qu’une longue rééducation, alors qu’il doit rentrer à l’université bientôt. S’il ne peut pas reprendre l’entraînement en septembre, ils ne voudront pas de lui. C’est toute sa carrière qui sera réduite à néant. Nous avons essayé tous les médecins, mais ils sont tous catégoriques, seul le temps pourra l’aider. Du coup, je me suis renseignée sur les autres méthodes, et j’ai trouvé votre annonce. Je vous en prie, dîtes moi que vous pouvez l’aider…

- Je vais faire ce que je peux. Marc, si tu veux bien t’allonger sur le lit. »

Le jeune homme se leva, et je remarquais à cet instant qu’il boitait légèrement. Il prit place, et je me mis du côté de son genou déficient. J’observais la petite cicatrice qui courait sur sa peau, pris ma respiration et posai ma paume sur son articulation. Comme à l’accoutumée, une petite chaleur arriva, faisant sursauter Marc. Je rassurai ses parents d’un geste de la main, et au bout de quelques secondes une violente douleur se transperça le membre inférieur. De là où j’étais, personne ne s’était aperçu de ce qu’il venait d’arriver. Marc regarda sa jambe comme s’il venait de lui pousser un membre supplémentaire. La cicatrice avait disparue !

«  Oh putain, c’est incroyable ! S’exclama-t-il. Je ne sens plus rien ! Trop cool ! A moi le championnat cette année ! Franchement Madame, un grand merci ! Mon père sera trop coincé pour vous le dire, mais vous n’imaginez pas le miracle que vous venez d’accomplir !

Il bondit du lit d’un mouvement élégant, et sautilla sur place pour tester ses nouvelles capacités. Puis d’un mouvement brusque qui me fit sursauter il se retourna vers moi et s’écria :

- J’ai compris le nom de votre enseigne ! Vous êtes une nana qui fait des miracles ! Trop de la balle !

- Marc surveille ton langage veux-tu ! Le réprimanda sa mère qui avait repris contenance après être restée scotchée devant le ledit miracle. Madame je vous suis infiniment reconnaissante pour ce que vous avez fait pour nous. Nous n’allons pas vous déranger plus longtemps. Je crois que mon fils a très envie d’aller essayer son nouveau genou. Merci encore. »

D’un geste impeccable elle se leva, entraînant son mari, lui aussi sous le choc, et son fils complètement radieux. Je les suivais jusqu’à l’entrée et refermais la porte derrière eux.

J’éclatais de rire, en repensant à ce jeune homme radicalement opposé à l’éducation que ses parents essayaient de lui inculquer. Retournant dans ma salle de transfert, afin de faire un peu de ménage je remarquais une enveloppe posée sur le bureau. Intriguée je la pris et la décachetais. Je poussai un cri strident quand je vis une liasse de billet de cent euros. Me ruant vers la sortie je cherchais du regard mes derniers patients, mais ne les trouvaient nulle part. Ils avaient du filer à toute vitesse. Totalement retournée, je me laissais tombée sur une chaise à l’entrée et contemplais ma première « paye » gagnée grâce à mon super pouvoir !